mardi 24 juin 2008

Traditionnel et percussions : un peu de retenue s’il vous plaît!

(Je dédie cet éditorial au père de Fanny qui avait un voisin plus bruyant que talentueux au dernier Bal du mai!)

Aujourd’hui j’ai décidé de me prononcer sur un sujet qui me turlupine depuis déjà longtemps. Ordinairement calme et pacifique, voici un phénomène qui me fait devenir bleue, grincer des dents et sortir la fumée des oreilles ( les trois en même temps, je vous jure!) Et avec la saison des festivals et autres manifestations en plein air du trad qui s’en vient, j’ai décidé que le moment était bien choisi pour me vider le cœur.

Bien sûr, le caractère populaire, démocratique et convivial des arts de la veillée (musique, danse et conte) font partie de ce qui les rends attrayants. Mais tout démocratique que soit cette musique, ce n’est pas une raison pour confondre les spectacles avec les jams ou les veillées de cuisine. Sans tomber dans les extrêmes de certains milieux musicaux où il est mal vu d’applaudir avant la fin du spectacle, un peu d’étiquette ne ferait pas de tort à certains.

Dans un jam ou une veillée de cuisine, allez-y gaiement, sortez cuillères, os et compagnie. Mais lors de spectacles, petits ou grands, gardez-vous donc une p’tite gêne!

Pour ceux qui auraient de la difficulté à faire la différence, il existe un truc bien simple : quand il y a une scène, peut importe sa taille, et que les artistes vous font face, c’est un spectacle. Qu’il soit acoustique ou non, gratuit ou payant, dans une grande salle urbaine ou dans un festival en plein air.

Dans tout ces cas, seuls les gens qui sont sur la scène devraient jouer d’un instrument. Et cela inclut les percussions comme les cuillères et les os. Lorsque les musiciens souhaitent votre participation, par exemple en tapant des mains ou en répondant à leur chanson, ils vous le disent, vous font signe. Sinon, peu importe votre talent et votre enthousiasme, abstenez-vous, de grâce! Même pour ce qui est de taper des mains il est souvent bon de calmer ses ardeurs : certains airs sont croches et les medleys peuvent rapidement changer de rythme, donnant lieu a des moments disons, disgracieux, auditivement parlant. Lorsque la majorité de l'auditoire se contente d'écouter attentivement c'est un signe qu'il serait une bonne idée que vous fassiez de même. (D'ailleurs, personne ne me convaincra qu'on a la même qualité d'écoute quand on est ainsi occuper à produire des décibels dans l'oreille de notre voisin).

C’est une question de respect pour ces artistes et pour vos voisins. Les premiers ont répété, travaillé et peaufiné leur art pour vous offrir une performance de qualité professionnelle. Et les seconds ont choisi de se déplacer et ont en général payé, non pas pour vous entendre, mais pour écouter les artistes annoncés à l’affiche.

Donc, on récapitule : Party de cuisine, sessions et autres feux de camps: hourra! Exprimez-vous! On est là pour ça. Mais lors des spectacles, je vous en conjure (et je ne suis pas la seule, croyez-moi), laissez vos cuillères au vestiaire et pensez donc plutôt à ouvrir grandes vos oreilles et même à fermer les yeux pour apprécier la beauté de la musique qui vous est offerte !

2 commentaires:

Mazsellan a dit…

J'approuve, tu as raison ;-)

La fois où j'ai entendu le joueux de cuillères pendant un spectacle du Vent du Nord que j'avais payé pour assister... j'voulais tuer.

Francis a dit…

Mon Dieu. Tu exprimes tellement ce que je penses tout le temps, mais que je peux rarement dire. On dirait au Québec que trad rime avec taper des mains. Quand on demande à la personne ce qu'elle fait, elle répond qu'elle PARTICIPE. Comme si varger à s'en péter les veines des doigts constituait une quelconque forme d'amélioration à la musique qui essaie de se faire entendre. Est-ce que c'est seulement moi ou la maladie des meneurs de foule fait beaucoup de victimes.

Francis